Un quart de conte

Un soir de pleine lune,

Au bord d'une mare où miroitait son rayon pâle,

Enfouie par moitié dans la vase,

Une grenouille soupirait d'envie.

"Grâmaourffff".


L'histoire et son œuvre, ayant déjà

Plus qu'à son heure épinglé l'animal,

Instruit désormais comme on sait le batracien,

Celui-ci avait renié les bœufs et

Recentrait plutôt son attention sur

De larges et vastes étendues d'eau où,

Paraît-il,

L'asticot blanc, gras et gros, grouille

Dans l'épaisseur du limon.

Ainsi, par-delà la forêt, du moins galopait

La rumeur, toujours prompte à colporter les trésors.


Un soir de pleine lune,

Au bord d'une mare où miroitait son rayon pâle,

Une grenouille tente le grand saut.

Hop, hop, hop,

En quelques bonds, se retrouve

Sur la berge du ruisseau,

S'y laisse glisser, puis

Emportée par le courant.


Et le gosse, assis sur sa belle grosse branche fragile,

La regarde disparaître au premier tournant d'eau.

Comme happée par le hasard

De l'aventure.

Un quart de conte

Dessin : Lila