Il y a dans l'air une frénésie qui confine au surnaturel.
Comme un nuage de sauterelles, une pluie de pollen
s'abat sur les forêts. Les oiseaux fous crient au vent des mots
inconnus. Dans l'azur, les hirondelles jouent aux montagnes russes.
Elles tombent en vrille et remontent soudain en flèche taquiner l'altitude.
En observant le ballet de ces virtuoses ailés, on attrape le vertige et,
à l'instant de choir, un promeneur nous tend la main. On remercie humblement
mais déjà l'aimable reprend la route et s'évanouit dans un pli de terrain.
La poitrine s'agite de sensations qui ne sont peut-être pas dépourvues d'amour.
On voudrait se lancer aux trousses de la providence. Croire à la fortune.
Tout cela ne dure qu'un instant car voici qu'un ruisseau nous rappelle à sa discrétion.
Plus tard, au soir gracieux enveloppé de brume, découpée sur l'horizon,
l'heureuse apparition déambule entre le jour et la nuit.