Ce matin, au marché, je regardais une ménagère remplir de légumes
son cabas à roulettes et m'amusais de la tête des poireaux qui chambardaient
par l'échancrure en tirant la langue aux badauds, dont j'étais.
Piqué au vif par ces malotrus, j'apostrophai madame en vue de connaître
le mode éducatif produisant une telle bande d'échevelés mal polis.
Elle se retourne, me passe par le fil de ses cils et
déclare : « Gamin, je n'ai pas le cœur à rire ».
Sur quoi, elle me tourne le dos et reprend le cours de ses achats.
En moi je sens monter une colère sourde, monsieur l'agent,
j'arrache du sac cette botte de petits salopards et les piétine
sur le tarmac en hurlant : Mort aux vaches ! Mort aux vaches !
« Oui, oui, je m'excuse, monsieur l'agent, et je rembourse ».
(Extrait de mon livre : "Il est formellement défendu de nourrir les lapins" )
Lectrice : Héloïse
Peut-être à bientôt. Merci Claude !

